Déclaration de Pascal JOLY Secrétaire général URIF CGT lors du rassemblement du 27 juin 2017

Pascal JOLY Secrétaire général URIF CGT

Avec l’élection d’Emmanuel  Macron, et de son écrasante majorité à l’Assemblée Nationale, nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la guerre sociale menée au monde du travail. C’est la raison pour laquelle, nos organisations syndicales, unies, ont pris la décision d’organiser ce rassemblement aujourd’hui à proximité de l’Assemblée Nationale. Cette journée de rentrée parlementaire, nous la concevons comme une banderille dans le dos du nouveau président.  Pour lui rappeler qu’il faudra compter avec nous et notre détermination à ne pas laisser détruire nos conquêtes sociales.

Pour nous, il s’agit d’une première initiative qui, pour l’URIF CGT, appellera à des prolongements revendicatifs. Macron a un projet de société en tête, celui, non pas de libérer le travail, dans une volonté de détournement de langage, mais celui de libérer le profit, et singulièrement celui de la finance !

Emmanuel Macron veut frapper vite et fort. La méthode n’est pas nouvelle. Il compte profiter des mois d’été pour nous entrainer dans une régression sociale d’ampleur. Dans la foulée et sur le socle de la précédente loi El Khomri ! Nous avons combattu cette loi, nous avons toutes les raisons de combattre celle qui vient. Emmanuel Macron se veut le monsieur plus de la régression sociale. Et, à la rentrée, pour la touche finale, procéder par ordonnances !

Le nouveau pouvoir espère que cette méthode agira comme un assommoir sur le monde du travail. Emmanuel Macron veut procéder avec vitesse, car il sait qu’il a peu de temps avant que sa politique de brutalité sociale produise ses effets, et qu’elle suscite les mécontentements et les réactions probables qu’elle va engendrer. Il faut sans doute, une fois de plus, y voir une des raisons de prolongation de l’état d’urgence. Sous une apparence de nouveauté,  vendue à grand renfort de marketing publicitaire, Emmanuel Macron, c’est la brutalité sociale et l’autoritarisme politique conjugué !

Cette volonté d’aller encore plus loin dans la destruction méticuleuse du droit du travail, c’est le vieux rêve du MEDEF, qui dit lui-même qu’avec l’élection de Macron, qu’il est sur un nuage. Ce projet c’est de faire en sorte que le lien de subordination du salarié face à l’employeur soit total ! Nous ne sommes pas une marchandise, une ressource humaine qui ne sert qu’à faire grandir les profits. Il faut au contraire sécuriser l’emploi, améliorer les conditions de travail et les salaires. Il faut de nouveaux droits décisionnels pour les salariés pour intervenir sur les stratégies d’entreprises, si nous voulons sortir de cette impasse où nous ont conduits 30 ans de politique d’austérité.

Nous appelons à l’unité de tous ceux qui refusent ce qu’il faut bien appeler un recul de civilisation et qui pensent que, seul, le progrès social peut nous sortir de cette ornière de la crise qui trouve sa source dans la financiarisation. Car, nous savons, nous syndicalistes, d’expérience, que seule l’unité peut défaire Monsieur Macron et sa majorité parlementaire boursouflée par un mode électoral dépassé, qui nous représente à la marge socialement.

L’unité sera l’une des conditions principales pour combattre les politiques antisociales du gouvernement Macron. Il faut travailler à l’union de tous ceux qui voudront être l’expression du monde du travail. Rassemblés, comme nous le sommes aujourd’hui avec nos organisations syndicales, dans la rue !

C’est et ce sera la démarche constante de l’URIF CGT dans notre région. Au-delà de nos différences, mais unis pour combattre les projets réactionnaires guidés par le MEDEF. Non, Monsieur le Président de la République, nous ne voulons pas de votre régime amincissant social.

Pendant tout l’été, nous allons prendre des initiatives, parfois ludiques, pour informer les travailleurs de vos véritables projets et les inviter à se mobiliser le plus tôt possible !

Votre emballage ne tiendra pas longtemps, si nous sommes capables de dire ce que sont véritablement vos projets. Il n’y a pas besoin de les ternir. Les mettre en évidence, en pleine lumière, suffit à montrer qu’ils sont d’une grande nocivité pour nous les salariés.

Aujourd’hui, nous envoyons un message clair et ferme à Emmanuel Macron. Il faudra compter avec nous tout l’été. Et à la rentrée aussi, notre confédération CGT ayant déjà annoncée une grande journée de mobilisation début septembre ! Monsieur Macron, notre confédération a fait une proposition de code du travail progressiste. Allez-vous continuer à la considérer avec dédain, comme vous le faites jusqu’à maintenant ?

Alors, nous allons crier plus fort et lutter dans les entreprises en premier lieu et comme le dit notre camarade de l’énergie, nous pouvons gagner. Dans la rue, déterminés et unis !

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