Discours de Valérie Lesage au mur des fédérés le 1er Mai 2018.

Depuis 1890, les travailleurs et travailleuses du monde entier manifestent le 1er mai pour le respect de leur dignité, pour faire entendre leurs revendications, pour une société plus juste et solidaire, pour la Paix.

A l’occasion de cette journée internationale de luttes des travailleurs travailleuses ce lieu, « le mur des fédérés », est symbolique, puisqu’ici s’est déroulé une des pires pages sanglantes de l’histoire.

Ici, le 27 mai 1871, au mur des fédérés, la répression de la bourgeoisie de l’époque a pris la forme la plus brutale avec  144 communards fusillés et jetés dans la fosse commune, suivis par des milliers de cadavres d’insurgés assassinés par l’armée des versaillais.

Des milliers de communards ont été assassinés, la bourgeoisie, les possédants ont agi pour défendre ou sauvegarder leurs privilèges, leurs intérêts de classe !

La commune doit trouver sa place dans l’histoire de la France et dans celle de Paris. Il faut que les autorités de la République reconnaissent officiellement que ces partisans ne méritaient ni la mort, ni la prison, ni le bagne. Aujourd’hui, plus que jamais la réhabilitation de la Commune, des communardes et des communards serait une mesure de justice et d’espérance. Cette espérance qu’ils veulent tuer pour sauvegarder leurs intérêts.

D’ailleurs, même si aujourd’hui,  la nature des armes pour combattre notre classe, a changé, la même volonté demeure. Les moyens utilisés aujourd’hui, s’appellent : culpabilisation, mise en opposition des différentes catégories de salariés, de générations, une répression syndicale féroce, la remise en cause des droits et de la citoyenneté, et, pour compléter, cet arsenal, les tentatives d’intégration idéologique des travailleurs aux objectifs économiques et sociaux des possédants.

C’est pourquoi, le gouvernement comme le patronat travaillent à étouffer tout espoir d’un autre avenir que celui de la servitude pour le peuple. Le seul modèle social qu’ils veulent rendre crédible dans la pensée collective reste le capitalisme, l’ultralibéralisme !

En ce 147ème anniversaire de la commune, il est important de ne pas oublier que la commune ce fut des revendications, des mesures modernes et fortes, comme la révocabilité des élus, la séparation de l’église et de l’état, école laïque gratuite, égalité de salaires femmes et hommes….

Ces revendications sont loin d’être obsolètes de nos jours, avec  un Président de la République qui déroge sans complexe à son devoir de réserve en demandant aux catholiques de « s’engager politiquement » dans une volonté de réparer un « lien abimé entre l’Eglise et l’Etat », et poursuit en incitant les catholiques à exercer leur influence sur les futures lois de la république.

Sur l’école, c’est la réforme du bac et la sélection à l‘entrée à l’Université, devant laisser à la porte des facultés des milliers de jeunes, et puis, toujours des écarts salariaux Femmes / Hommes autour de 27%, et des réformes du Code du Travail qui frappent encore davantage les plus précaires, les femmes, …

Nous célébrons ce 1er mai 2018, dans une période de fortes mobilisations, de grèves et de manifestations unitaires. Depuis plusieurs semaines, avec détermination, souvent dans l’unité, de nombreux salariés du privé  comme du public, retraités, privés d’emploi, étudiants, se mobilisent pour refuser les politiques austéritaires gouvernementales et patronales et porter d’autres perspectives de progrès social.

Même si le combat des cheminot-e-s reste emblématique et le moteur du mouvement social, ils sont loin d’être les seuls dans les luttes actuelles. Les fonctionnaires, sont également dans la lutte : contre les 120000 suppressions de postes, contre le rétablissement du jour de carence, pour exiger la fin du gel des salaires  et pour le développement du service public, ils se retrouveront dans l’unité le 22 mai pour une journée de grève et de manifestations.

Ce sont aussi, de nombreux et nombreuses salarié-e-s des entreprises privées, Air France, les énergéticiens, les dockers, les salariés des Ephad, de Carrefour…. qui sont dans l’action, pour l’emploi, l’augmentation des salaires, les conditions de travail, pour des statuts et conventions collectives, la protection sociale, la  Défense des services publics….

Dans cette période également, des milliers de jeunes, avec les personnels et les enseignant-e-s, s’opposent à la loi Vidal «Orientation et Réussite Etudiante». Ils refusent la sélection des bachelier-e-s et réclament des moyens pour faire fonctionner des universités ouvertes permettant la réussite du plus grand nombre dans de bonnes conditions d’étude et de travail.

Sans oublier, les retraité-e-s qui sont largement mobilisé-e-s pour leur pouvoir d’achat, contre l’augmentation de 1,7% de la CSG, ils se retrouveront d’ailleurs, une nouvelle fois dans l’unité le 14 juin prochain.

Face à eux, à nous, la seule réponse du gouvernement: ce sont les répressions policières, le mépris, et le refus d’engager de véritables négociations.

Le travail pour toutes et tous, dans de bonnes conditions avec des salaires décents sont incontournable pour l’ensemble des citoyen-ne-s. Les lois Rebsamen,  El Khomri et Macron ne vont pas dans ce sens et exacerbent les différences, les inégalités, les oppositions, conduisant aux terreaux habituels des guerres dans le monde.

Les travailleurs et travailleuses de tous les pays doivent lutter pour leurs droits actuels et en conquérir de nouveaux, ce sera un des vecteurs essentiels, incontournable pour retrouver la Paix dans le monde.

Alors, aujourd’hui, avec les salariés, les jeunes, les retraités, les privés d’emplois, nous allons avec force et détermination, exiger le progrès social,  la Paix mais aussi la Solidarité internationale !

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